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Guerre Globale


Mis à jour le 03/03/2042 par Deuko/596MOL3[Historien]


La Guerre Globale


   Date de début du conflit        30 mars 2029 à 04h03 UTC

   Date de fin du conflit            30 mars 2029 à 04h10 UTC  

   Nations impliquées               Toutes    

   Victimes durant le conflit                 238 000    

   Victimes suite au conflit        8 102 589 000

   Fin des troubles                     été 2033


Le terme "Guerre Globale" désigne le conflit planétaire qui a opposé pendant une durée très courte (7 minutes) tout d'abord l'Inde au Pakistan, puis, par effet domino, l'ensemble des nations.

Le conflit s'est caractérisé par un écroulement total de tous les systèmes de télécommunication, de contrôle des véhicules et des machines, des armements, ainsi que de tous les objets nomades d'assistance à la personne : Communicateurs, CyberCerveaux portatifs, prothèses bioniques, etc…

Les victimes immédiates pendant les sept minutes qui sont la durée effective du conflit, c'est-à-dire lorsque les belligérants étaient actifs, ont été beaucoup moins nombreuses que celles causées plus tard, dans les mois qui ont suivi, par l'interruption totale et prolongée de l'approvisionnement en énergie, en eau et en nourriture, l'arrêt de tout transport et de toutes les télécommunications, des services de santé, l'immobilisation totale de l'armée et de la police, etc…

Il s'en est suivi des famines et des épidémies terribles, des affrontements et des rapines, une totale instabilité sociale, qui ont fait en trois ans chuter la population mondiale de neuf milliards d'habitants à 930 millions d'habitants seulement.


Sommaire


   1. Causes de la Guerre Globale

   2. Déroulement et mécanismes

   3. La période de chaos

   4. La réorganisation

   5. Conséquences politiques et sociétales


1. Causes de la Guerre Globale


Les raisons premières du conflit sont à chercher longtemps avant son éclatement réel. Plusieurs foyers potentiels de violence menaçaient de dégénérer en affrontements un peu partout dans le monde depuis des décennies. Leurs causes profondes, parfois combinées étaient


- Les séquelles plus ou moins lointaines du colonialisme et du néo-colonialisme européen, puis nord-américain, puis chinois (principalement en Afrique).


- Les disparités économiques considérables entre des nations "tertiaires" subsistant sur des acquis financiers et technologiques vieillissants et des positions dominantes de plus en plus difficiles à légitimer, et des nations "actives" exploitant les richesses minérales et agricoles, et produisant des biens manufacturés, à des coûts rendus possibles par les salaires modiques et l'indigence de leurs couvertures sociales publiques.


- Des querelles parfois pluriséculaires, motivées, à tord ou à raison, par des différences culturelles, ethniques, religieuses, prétextes à des vues hégémoniques, à des revendications territoriales, et à l'accaparement des ressources.


L'élément déclencheur du conflit a été un des multiples affrontements qu'ont connus, depuis leur création en 1947, l'Inde et le Pakistan.


2. Déroulement et mécanismes


Le 30 mars 2029, à 04h03 UTC précisément, les services secrets indiens ont, en réponse au bloquage à distance par le Pakistan d'un des principaux serveurs de données du sous-continent, réveillé les logiciels malveillants infiltrés depuis plus de dix ans dans tous les ordinateurs publics pakistanais. Il en a résulté, moins d'une minute plus tard, le crash de deux avions de ligne en phase d'atterrissage, l'un a Karachi, l'autre à Islamabad.

La montée de la violence fut immédiate, provoquée pour partie par les systèmes de riposte automatiques mis en place depuis des années.

Dès 04h07 UTC la presque totalité du continent asiatique était immobilisée par une armée de logiciels espions implantés à tous les points névralgiques : le trafic routier, aérien et ferroviaire arrêté, des avions en perdition sans plus aucun système de navigation en ordre de marche, les télécommunications muettes, les réseaux de distribution d'énergie défaillants.

En un temps extrêmement court, tout le tissu complexe de logiciels interconnectés et imbriqués au niveau mondial, dans tous les domaines de l'activité humaine, s'est trouvé paralysé, soit directement par le jeu des interactions licites et normales, soit, en dépit de toutes les protections, par l'action des virus informatiques, des "chevaux de Troie" et autres "malwares" installés depuis des décennies dans tous les systèmes sensibles.

A 04h10 UTC, tout était déjà terminé, car plus aucun lien informatique ne reliait les serveurs disséminés sur tous les continents. Les serveurs eux-même, faute d'alimentation électrique, leurs systèmes de secours également immobilisés, devenus inutiles, ne pouvaient plus interconnecter les aiguillages numériques qui permettaient aux grands centres urbains de fonctionner.

Faute d'énergie, car les centrales se sont éteintes, les transports, l'industrie, les télécommunications s'arrêtèrent, de même que les réseaux de chauffage, de ventilation, de drainage.

Tous les systèmes d'assistance aux personnes, les services de la santé, les implants bioniques,  les prothèses intelligentes se sont figés. Des gens s'écroulèrent dans la rue, leur pacemaker télécontrôlé devenu fou.

Des dizaines de milliers de personnes perdirent la vie dans des avions, des véhicules, des hôpitaux, tuées par des machines devenues incontrôlables, noyées par l'ouverture inopinée de vannes de barrages, etc…

A part des accidents dû indirectement à la disparition de tous systèmes de pilotage informatique, très peu d'armements sont entrés en action dans le conflit.


3. La période de chaos


L'effondrement de toutes les activités d'approvisionnement en énergie, en eau et en alimentation a provoqué, dans un monde essentiellement urbain, le décès de milliards d'individus en quelques semaines. L'isolement total des populations, sans aucun moyen de communication autre que le bouche-à-oreille, sans moyens de transport que leurs pieds, provoqua des nombreux soulèvements, des guérillas et des comportements allant du cannibalisme aux exécutions sommaires à l'arme blanche. Des maladies depuis longtemps oubliées, le choléra, la dysenterie, la peste décimèrent les survivants.

Les  habitants des villes qui ont tenté de quitter les grandes métropoles ne trouvèrent que désolation sur leur passage, et les régions entourant les zones les plus densément peuplées furent le théâtre de vols et de rapines, et d'actes de barbarie.

Dans les régions du monde plus reculées, celles, très rares, où subsistait une polyculture vivrière, des sociétés traditionnelles ont pu résister plus longtemps aux fantastiques changements, lorsque leur éloignement des zones initialement les plus peuplées les mettaient à l'abri de l'incursion de bandes affamées.


Dès mai 2031 cependant, des communautés isolées qui ont pu survivre rétablirent des axes et des centres informatiques, des communications à l'échelle locale, une industrie.


Les productions agricoles et manufacturières redémarrèrent peu à peu, et des groupements linguistiques et ethniques se reconstituèrent. Début 2032, des gouvernements provisoires se mirent en place, et les famines finirent par être jugulées.


4. La réorganisation


Un rééquilibrage des poids démographiques des différentes parties du monde s'est ainsi opéré. Les vieilles frontières, qui ne sont pas oubliées, car consacrées par des siècles d'usage, sont globalement conservées, mais la carte géopolitique globale a été redessinée. Ce redécoupage permit à des nations séparées par l'histoire, mais proches culturellement, de s'associer, et il démembra des entités politiques qui étaient dépourvues de bases culturelles.

Alors que se redéfinissaient les affinités et les intérêts, un Conseil des Nations vit le jour.  


Vers le milieu de l'année 2034, un monde meurtri s'est relevé, constitué principalement de deux grands blocs en compétition économique, NATO (Essentiellement l'Europe Occidentale jusqu'à l'Oural, et les Amériques, mais aussi le Magreb et le Proche-Orient), ASIA (L'Asie à l'Est de l'Oural, le Pacifique à l'exception de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande) et l'UNAFRI qui regroupait l'ensemble des pays africains subsahariens. Quelques nations "non-alignées" furent représentées directement au Conseil des Nations.


Une des premières tâches du Conseil des Nations fut de proposer un ensemble de lois universelles permettant, si toutes les nations le souhaitent, d'éviter à l'avenir un cataclysme comme celui dont sort tout juste l'humanité.

Contrairement aux prédictions pessimistes des historiens qui ont évoqué les échecs patents des tentatives précédentes de gouvernance mondiale (la Société des Nations, l'ONU…), l'adhésion au Conseil des Nations a été totale, car toute velléité qu'aurait eu une nation de ne pas s'y soustraire aurait provoqué immédiatement une attitude d'ostracisme, fatale au trublion.


5. Conséquences politiques et sociétales


Les conséquences de ce conflit sur la société humaine ont été profondes, et le traumatisme, unique dans l'histoire connue, a permis d'envisager, sur les ruines d'un monde révolu, des structures et des institutions nouvelles.

En particulier, une profonde méfiance dans l'emploi des informations, de leur traitement, de leur commerce, qui ont amenés avec eux tous les outils permettant de voler, contrôler, manipuler, falsifier les données, a ouvert la voie à une reconsidération complète du statut de l'information et de son partage.

Lorsque le Conseil des Nations a proposé fin 2036 le Free Information Act et le Private Data Act, le Monde était prêt pour les accueillir et les approuver.

(Cf fr/wikicycla.org/free_information_act)

(Cf : fr/wikicycla.org/private_data_act)


Parallèlement, les milliards de morts ont indirectement et tragiquement résolu l'immense problème de l'insuffisance croissante des ressources, dû à la dégradation des biotopes et à l'explosion démographique.


Au sortir du chaos qui a fait suite à la Guerre Globale, la Terre ne comptait plus que 930 millions d'habitants, munis, malgré la destruction ou la dégradation de beaucoup d'infrastructures pendant et après le conflit, de moyens technologiques encore considérables.

Lorsque le Conseil des Nations a proposé le One Billion Act, qui prévoyait de limiter la population humaine à un milliard d'individus, par contrôle des naissances, la loi a été adoptée, malgré des résistances s éthiques ou religieuses.

(Cf : fr/wikicycla.org/one_billion_act)